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Picasso. « Guernica » Modernisme et avant-gardes Le changement de siècle s'accompagne de nouveaux airs de modernité. Une attitude différente, plus libre, vis-à-vis de l'art et de la vie, caractérise la sensibilité esthétique de l'époque.

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L’œuvre de César Manrique à Lanzarote

  • Jameos del Agua, Haría, Lanzarote © Fundación César Manrique

    Jameos del Agua, Haría, Lanzarote © Fundación César Manrique

  • Vue panoramique du belvédère del Río. Ye, Haría, Lanzarote © Fundación César Manrique

    Vue panoramique du belvédère del Río. Ye, Haría, Lanzarote © Fundación César Manrique

  • Lac naturel à l’intérieur de la grotte de Los Jameos del Agua. Haría, Lanzarote © Turespaña

    Lac naturel à l’intérieur de la grotte de Los Jameos del Agua. Haría, Lanzarote © Turespaña

  • Casa de las Palmeras. Maison-musée César Manrique, Haría, Lanzarote © Fundación César Manrique

    Casa de las Palmeras. Maison-musée César Manrique, Haría, Lanzarote © Fundación César Manrique

  
  


"Il est indéniable que Lanzarote ne saurait être conçue sans la contribution de César Manrique. ..."

Il est indéniable que Lanzarote ne saurait être conçue sans la contribution de César Manrique. L'artiste se sentait fasciné par la singularité du paysage volcanique de l'île, que d'autres considéraient comme désertique, aride et inhospitalier. Pour lui, cette nature volcanique était synonyme de beauté et, dans un esprit de respect, d’admiration et de gratitude envers ce lieu où il avait grandi, il façonna son travail.

Mais comment définir son œuvre ? Il s’avère difficile de répondre à cette question, et plus encore de cataloguer l’œuvre de Manrique dans des courants artistiques, ou même de la définir selon les techniques qu’il employait. Même s’il se définissait lui-même comme un peintre, en réalité Manrique a également été sculpteur, architecte, urbaniste, paysagiste… et écologiste et conservateur de monuments. Manrique était tout cela, et c’est ce qu’il transmet dans toute son œuvre.

Sa première œuvre à Lanzarote et peut-être la plus spectaculaire, est la grotte des Jameos del Agua, avec la création d’un auditorium naturel parfaitement intégré dans une capricieuse formation volcanique. Sa beauté, ses contrastes de lumière et de couleurs... en font un ouvrage universellement admiré. Cette œuvre peut en grande partie résumer à elle seule le travail de Manrique tout au long de sa vie : la composition d’espaces où l’apport humain serait harmonieusement intégré dans le cadre naturel, en rehaussant sa beauté et ses valeurs.

Le « mirador del Río » est une autre de ses œuvres à Lanzarote, magistralement intégrée dans les falaises du nord de l’île. La maison de l’artiste, au Taro de Tahiche, est sans doute l’œuvre qui représente le mieux les idéaux personnels et artistiques de Manrique : elle exprime son désir de vivre avec la lave et constitue un exemple exceptionnel d’intégration dans la nature, en formant une oasis au milieu d’une rivière de lave bleu-noir.

Actuellement la maison est le siège de la Fondation César Manrique, une institution créée en 1992, en vue de promouvoir l’étude et la diffusion de l’œuvre de Manrique, ainsi que les activités artistiques et culturelles qui favorisent le respect du milieu naturel. Le bâtiment a été construit en 1968 sur une coulée de lave en tirant parti, au niveau inférieur, de la formation naturelle de cinq bulles volcaniques pour former un espace habitable surprenant. Le niveau supérieur et l’extérieur de la maison s’inspirent de l’architecture traditionnelle de l’île.

Le monument au Paysan, le jardin de cactus... sont d’autres œuvres à voir à Lanzarote. Mais Manrique a également laissé un important héritage hors de son île natale. Parmi ses œuvres dans l’espace, mentionnons le spectaculaire belvédère de La Peña (El Hierro), le belvédère de Palmarejo (La Gomera), le parc maritime de Puerto de la Cruz et Playa Jardín (Tenerife), le centre commercial La Vaguada (Madrid) et le vaste parc maritime de la Méditerranée (Ceuta). Ce sont toutes des créations d’espaces publics, des ouvrages d’architecture et d’urbanisme, bien qu’on lui ait toujours reproché de ne pas avoir de connaissances précises en architecture. Manrique n’a jamais souhaité entrer dans ce débat et se limitait à revendiquer sa condition d’artiste, qui s’exprime à tout moment avec les moyens qu’il juge opportuns. Quoi qu’il en soit, on ne peut nier que toutes les œuvres citées sont des travaux véritablement exceptionnels, où le cadre naturel tient la vedette.

En définitive, la nature était une référence fondamentale pour César Manrique, non seulement dans ses créations artistiques, mais aussi dans sa vie. Il n’a pas créé dans la nature, mais bel et bien créé avec elle. Sa relation avec l’environnement n’était pas seulement esthétique ; il s’agissait là d’un véritable engagement exemplaire pour la défense de l’environnement. Aucun autre artiste espagnol n’a laissé une œuvre aussi intimement liée à la nature.

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