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Picasso. « Guernica » Modernisme et avant-gardes Le changement de siècle s'accompagne de nouveaux airs de modernité. Une attitude différente, plus libre, vis-à-vis de l'art et de la vie, caractérise la sensibilité esthétique de l'époque.

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Espagne, terre de châteaux

  • Château fondé par les Templiers. Ponferrada, León © Turespaña

    Château fondé par les Templiers. Ponferrada, León © Turespaña

  • Château de Loarre © Turespaña

    Château de Loarre © Turespaña

  • Château. Arévalo© Turespaña

    Château. Arévalo© Turespaña

  
  


"Visiter les châteaux d’Espagne, c’est plonger au cœur de l’histoire et de la culture des peuples d’Europe : les Grecs, les Romains, les Celtes, les Français, les Anglais, les Turcs… Loin des routes, leurs ..."

Visiter les châteaux d’Espagne, c’est plonger au cœur de l’histoire et de la culture des peuples d’Europe : les Grecs, les Romains, les Celtes, les Français, les Anglais, les Turcs… Loin des routes, leurs donjons se dressent au sommet des collines et semblent défier le temps, qui a tout de même laissé son empreinte sur nombre d’entre eux. Des châteaux-forts, bâtis à mesure que la Reconquête avançait et conçus pour donner refuge à la population derrière leurs murs épais, des palais Renaissance et baroques, des tours fortifiées érigées face à la mer pour éviter les attaques des barbaresques et, aux XVIe et XVIIe siècles, des terribles pirates qui pillaient les côtes.

Comme s’il s’agissait d’un conte de fées, pourquoi ne pas commencer par l’Alhambra de Grenade, véritable ville fortifiée, entourée de palais, de fontaines et de jardins qui semblent tout droit sortis des Milles et une nuits ; l’Alhambra, que le roi Boabdil pleura en livrant la ville de Grenade aux Rois catholiques, avant de se retirer dans son château de Mondújar, aujourd’hui en ruine, où était enterrée son épouse.

D’autres châteaux arabes sont parvenus jusqu’à nous : celui de Calatayud (province de Saragosse), conquis par Rodrigo Díaz de Vivar, dit Le Cid, après son exil de la cour castillane et dont la bataille est décrite dans le Poème du Cid, la forteresse de Mérida, bâtie sur l’ordre d’Abd al-Rahman II, parée d’imposants remparts et dotée d’une belle citerne en son centre, sans oublier l’Aljafería de Saragosse, transformée en palais fortifié par Abu Jafar.

Au Moyen Âge, les chevaliers et les ordres de chevalerie fleurissent dans la péninsule ibérique, notamment les Templiers, redoutés pour leur ardeur au combat. On raconte que le château de Ponferrada, leur place forte la plus connue en Espagne, est reliée par des galeries souterraines aux châteaux de Cornatel, au monastère de Carracedo et au château de Monforte de Lemos (en Galice) et qu’ils les empruntaient pour s’enfuir lorsqu’ils étaient assiégés. L’ordre de Calatrava avait pour siège le château-fort de Calatrava la Nueva (Ciudad Real), qui fut l’une des plus grandes constructions de ce type en Espagne.

Mais la plus importante forteresse de cette époque est sans doute le château de Loarre (Huesca). Sanche Ier d'Aragon ordonna sa construction sur les ruines d’un édifice romain. Le château servit dès lors de résidence royale, puis devint, au XIIe siècle, un couvent de l’ordre des Augustins.

Pour sa part, l’histoire du château d’Arévalo (province d’Ávila), entouré d’un paysage aux tons ocres typiquement castillan, est liée à celle de l’infortunée Blanche de Bourbon, fille du duc de Bourbon et d’Isabelle de Valois, qui trois jours après avoir épousé Pierre le Cruel est abandonnée par son mari, qui avait préféré faire de María de Padilla sa favorite.

Pendant la Renaissance, la structure des châteaux est amplement modifiée, suite à la généralisation des armes à feu et à la nécessité de s’en protéger. Ils deviennent plus petits, on les dote de tours rondes et on perce des brèches dans les murs pour pouvoir y placer des canons. Plusieurs châteaux illustrent bien ces bouleversements, notamment celui de Berlanga de Duero (province de Soria), exemple de ville fortifiée, qui avait servi dans un premier temps à protéger l’avancée des chrétiens vers le sud, puis qui se transforme, dès le XVe siècle, en une simple résidence seigneuriale. Mentionnons également le château des comtes de Cabrera à Chinchón (Madrid) et le château de Grajal de Campos (province de León), du XVIe siècle. Ce dernier est une forteresse d’artillerie par excellence. De forme carrée, il est protégé par des tours aux angles et de nombreuses meurtrières ouvertes dans les parois couronnées de parapets et de créneaux.

À La Calahorra (province de Grenade), Rodrigo de Mendoza, marquis de Cenete et fils du grand cardinal Mendoza, ordonna la construction d’une forteresse, qui se dresse aujourd’hui telle un mirage, isolée au beau milieu d’un plateau, avec les montagnes des Alpujarras comme toile de fond. Son apparence extérieure plutôt inhospitalière cache un palais Renaissance, disposant de tout le confort de l’époque.

Les côtes espagnoles sont parsemées de châteaux et de tours de guet, toujours à l’affût d’éventuelles attaques par la mer de pirates et de navires ennemis. À La Corogne, le château San Antón doit sa réputation à la défense acharnée de la ville face aux assauts obstinés du corsaire anglais Francis Drake. Celui-ci fut finalement mis en fuite, en grande partie grâce à María Pita, l’héroïne de la ville. Quant au château de Santa Bárbara, à Alicante, il a réussi à repousser vers la mer les Français, les Anglais, les Arabes et même les rebelles « cantonalistes » de Carthagène (région de Murcie).

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